Au musée, la dentelle entre dans la danse

 

Du 1 er juillet au 2 octobre, l’exposition « Dentelle d’étoile » entremêle danse et dentelle, au musée de la dentelle d’Alençon, avec des créations originales de Patrick Murru.

L'interview

Patrick Murru, Marseillais de 59 ans, styliste, costumier et directeur artistique.
Patrick Murru, Marseillais de 59 ans, styliste, costumier et directeur artistique.

Comment amener la dentelle dans la danse ?

 

« La dentelle est une spécificité du costume de danse. Les pièces de cette exposition tournent dans le monde entier. Tous les costumes qui sont là ont été portés sur scène, notamment par la danseuse étoile Marie-Claude Pietragalla. Ils ont même eu plusieurs vies que ce soit en France ou à l’étranger et je les ai mis en scène, à nouveau, pour l’exposition. »

 

Quel est votre parcours ?

 

« J’ai fait d’abord sciences po, et je me suis vite rendu compte, au bout de trois ans, qu’il valait mieux que je fasse quelque chose de créatif. Je viens d’un milieu modeste : d’origine sarde, je suis né en Tunisie. Quand je suis arrivé à Marseille, j’avais deux ans. Ma mère nous confectionnait des vêtements. Et en arrêtant Science po, j’ai préféré me tourner vers la mode plutôt que les beaux-arts. J’ai eu une grande réflexion sur l’histoire du costume et j’ai voulu avoir une déontologie qui permettait de me distinguer des autres. (Alors, je n’avais pas les moyens de faire d’école de stylisme, donc les arts appliqués étaient plus abordables.) J’ai eu la chance d’être repéré très vite grâce au lauréat du syndicat national des stylistes. »

 

Connaissiez-vous le point d’Alençon auparavant ?

 

« Oui, je le connaissais, parce que j’ai accompagné pendant un an des créateurs du monde entier. Et durant le salon des textiles « Première vision », nous avons été reçus dans le carré des métiers d’exception. Dans ce cadre-là, il y avait le point d’Alençon. Cette technique m’a donné l’inspiration de réaliser le point d’Alençon par la 3D, en le grossissant pour pouvoir le mettre en lumière. »

 

Quel avenir pour la dentelle ?

 

« Il est indispensable de réfléchir au devenir de la dentelle, notamment celle d’Alençon qui est la plus complexe au monde. Je crois qu’il faut vraiment l’ouvrir aux techniques nouvelles, inciter un public nouveau à venir voir des créations. Il faudrait lui donner une existence économique et financière. L’accréditation Unesco pour la protection du savoir-faire dentelier n’est pas systématiquement reconduite, il faut la reconfirmer.  »

 

Recherchez-vous toujours des matériaux nouveaux ?

 

 

« Pour moi la création, ce n’est pas uniquement de créer des lignes, c’est le fond comme la forme. La matière, c’est ce qui parle le plus, je crois, même s’il faut avoir un discours au niveau des silhouettes. C’est vrai que la matière, c’est la base. J’ai eu la chance de travailler avec des groupes textile ou des créateurs de tissu japonais, italiens, ou lyonnais, qui tous travaillent toujours dans l’innovation, comme avec les textiles lumineux ou les dentelles innovantes. »

Dimanche 3 juillet et 7 août, à 14 h 30 et 16 h, visite guidée autour de l’exposition Dentelles d’étoiles. Durée : 1h. Gratuit

 

Chaque mercredi et vendredi, du 6 juillet au 31 août, à 14 h 30, visites guidées autour des collections 

permanentes et de l’exposition Dentelles d’étoiles. Durée : 1h. Tarifs : 6 € ; tarif réduit : 5 € ; gratuit pour les moins de 26 ans.

 

 

Ouvert tous les jours en juillet et en août de 10 h à 12 h et de 14 h à 18 h. Fermé le lundi en septembre.

Patrick Murru alençon

Écrire commentaire

Commentaires: 3
  • #1

    anonse kobiet (mardi, 17 janvier 2017 17:01)

    decemwirowie

  • #2

    seks telefony (jeudi, 19 janvier 2017)

    osiując

  • #3

    Pendant Lights (mercredi, 26 juillet 2017 14:11)

    I read that Post and got it fine and informative. Please share more like that...