Réveil douloureux

Dans la nuit de vendredi à samedi, la sonnerie du téléphone m'arrache au sommeil. 

Dans l'obscurité la plus complête, je me tourne machinalement pour ramasser l'objet importun. La lumière de l'écran réussit à éblouir la pupille qui s'abrite sous la fente des paupières. 

Une heure du matin. Un temps de réflexion. Pourquoi un appel si tard ? Je coupe le son et repose le portable dans le silence. 

Je ne me doute pas en me rendormant que, quelques heures après, je me réveillerai avec l'écho médiatique des déflagrations, le discours incessant de l'émotion et que d'autres semblables ne se réveilleront jamais, dans cette salle de concert où j'aurais pu être. 

La cible, ce soir-là, était un moment précis de la vie quotidienne, celui que chacun attend avec impatience dès le début de semaine, un vendredi soir, les premières heures de repos, le temps du loisir, des sorties, des restaurants, des concerts, dans une convivialité innocente.  

Désormais, cet espace de liberté est en deuil. 


Mais cette fête récurrente que nous trouvons dans les quartiers les plus animés de Paris, ces bruits de verres qui s'entrechoquent, de discussions enjouées, de guitares électriques énervées va-t-il se taire sous la menace de l'obscurantisme ? 

Le silence ne sera pas la réponse tant attendue que nous donnerons aux ténèbres idéologiques. 

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