Chantal Loial, danseuse militante

Les applaudissements à la fin du spectacle se taisent lorsque ma voisine de gauche se tourne vers moi pour me dire : "Heureusement que j'avais lu un article sur l'histoire de son spectacle sinon je n'aurais rien compris".

"On t'appelle Vénus"

Dans ce spectacle de danse en solo, Chantal Loïal, chorégraphe guadeloupéenne, s’inspire de l’histoire de la Vénus hottentote pour interroger le regard de l’Occident sur le différent.

Cinquante minutes auparavant, l'enveloppe d'obscurité qui nous entourait, se fendait d'un rayon de lumière pour éclairer une femme debout, statique, au fond de la scène. Un brouhaha de foire montait accompagné d'une musique de cirque. La femme impassible se tournait de 90 degrés.


Son profil laisse voir sa corpulence, une poitrine forte et un fessier proéminent. Le faisceau lumineux forme un petit rectangle duquel elle ne peut sortir. On imagine les manants se presser devant sa cage pour détailler ses formes atypiques, son visage, ses traits, la forme de son crâne...


La Vénus hottentote rappelle l'histoire de cette femme surd-africaine, à la morphologie hors norme qui fut exposée comme un animal en cage dans les foires européennes au XIX ème siècle. 

C'est certainement de cette histoire dont voulait parler ma voisine. Pourtant la mise en scène était assez claire pour comprendre le sujet : dénoncer les regards de nos sociétés sur les différences. 

Le mouvement, les gestes, le corps, les couleurs racontent cette histoire muette. Chantal Loial danse pour faire passer un message : « J’utilise l’art pour parler aux jeunes, leur ouvrir les yeux sur l’autre, celui qui vit à côté d’eux. »

La remarque de ma voisine interpelle tout de même : faut-il expliquer l'art ?


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Commentaires: 1
  • #1

    sex tel (mardi, 17 janvier 2017 12:18)

    czarnopienny